avenir mécénat de compétences
Future of work

Révolution des compétences : qu'en est-il du mécénat ?

En 2020, de nombreux changements viennent bouleverser le monde de la formation professionnelle, pour répondre au souhait du gouvernement de révolutionner les compétences. Dès lors, on aurait pu s’attendre, après l’annonce en août dernier d’une réforme de la défiscalisation des dons d’entreprise, à ce qu’un vent de modernité vienne aussi souffler sur le mécénat de compétences. Loupé ! Découvrez notre point de vue sur ce dispositif un peu daté et l’alternative qu’on propose.

 

Le mécénat de compétences, késako ?

Prévu dans le Code Général des Impôts, le mécénat consiste pour une entreprise à faire des dons, en échange desquels elle bénéficie d’une réduction d’impôts. Le mécanisme fonctionne au profit de structures limitativement énumérées, parmi lesquelles les associations, les fondations, les établissements d’enseignement supérieur ou artistique à but non lucratif, ou encore des sociétés ou organismes agréés.

Le don prend soit la forme d’un versement d’argent, soit celle d’une mise à disposition par l’entreprise des compétences de ses salariés. Dans le cadre d’un mécénat de compétences, le collaborateur travaille pour la structure bénéficiaire, sans incidence sur le lien de subordination avec l’employeur. Rien n’est officiellement prévu s’agissant d’un éventuel apprentissage au sein de l’association, le salarié étant avant tout intégré pour « faire une bonne action ».

Ce prêt de main d’œuvre fait l’objet d’une valorisation, laquelle sert ensuite de base pour la réduction d’impôt. En pratique, sont pris en compte l’ensemble des coûts salariaux (salaire + charges).

 

Une défiscalisation plus ou moins intéressante

Selon le baromètre du mécénat d’entreprise Admical pour 2018, 82 000 entreprises auraient été mécènes en 2017, pour un total de 2 milliards d’euros. L’association note par ailleurs une progression du mécénat de compétences : 20 % des mécènes y ont eu recours en 2017 contre 11 % en 2015.

don et défiscalisation mécénat de compétences

Ce mouvement pourrait se poursuivre du côté des TPE et PME, qui bénéficient d’une plus grande réduction fiscale. Le plafond alternatif passe ainsi de 10 000 euros à 20 000 euros.

Cependant, la réforme instaure deux restrictions : le plafonnement des hauts salaires (à environ 10 000 euros bruts mensuels), ainsi que l’abaissement du taux de réduction d’impôt de 60 à 40 % pour les « gros » dons (plus de 2 millions d’euros, exception faite de certaines causes comme l’aide alimentaire).

Conclusion : le mécénat de compétences présente un intérêt financier…mais parfois moins qu’avant !

 

Et si on voyait plus grand que le mécénat de compétences ?

Le mécénat de compétences repose sur de bonnes intentions, en permettant à chaque entreprise qui le souhaite d’avoir le sentiment de « faire sa part ». Mais soyons honnêtes, le caractère restrictif du dispositif interpelle.

Pratiqué sur de courtes périodes, il n’offre aucun cadre pédagogique au salarié. Si l’expérience peut s’avérer riche humainement, elle apporte encore trop peu en termes de développement de compétences.

Par ailleurs, le secteur associatif n’a pas le monopole des bonnes causes ! Aujourd’hui, un salarié peut contribuer à un projet qui a du sens en allant travailler temporairement dans d’autres structures, tout en recevant un véritable apprentissage.

C’est ce que permet une mesure comme l’AFEST, réalisable au sein de l’une des nombreuses startups poursuivant un but solidaire. À la clé, pas de réduction fiscale certes, mais une vraie montée en compétences pour le salarié. C’est aussi une façon de mettre en œuvre la RSE, non ?

Cette mesure vous intéresse ? Découvrez-la, ainsi que toutes les nouveautés issues de la Loi Avenir, dans notre livre blanc « RH, ce qui change dans la formation professionnelle en 2020 ! »

Ebook - RH, ce qui change dans la formation professionnelle en 2020

découvrir
Jean-Baptiste Richardet
icon-linkedin

Jean-Baptiste Richardet

Développeur curieux et passionné, je suis toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeux. Après avoir alterné startups et grands groupes, j'ai décidé de créer Cameo avec Jérémy pour créer le nouveau parcours de carrière que j'aurai aimé suivre !