banner_afest-1
Futur of work

AFEST : le retour de l’apprentissage

 

En novembre 2015, un groupement d’acteurs de l’emploi et de la formation (DGEFP, Copanef, Cnefop, FPSPP, Anact et 10 Opcas) se lance dans l’expérimentation d’une idée révolutionnaire : faire de l’apprentissage ! 3 ans après, l’AFEST est reconnue par la loi comme une action de formation à part entière. En quoi consiste ce retour à une méthodologie du 19ème siècle ?

AFEST ?

Non, l’AFEST n’est pas un énième festival héritier du HellFest ou OktoberFest mais une Action de Formation En Situation de Travail. Il s’agit d’un parcours de formation alternant mises en situation où l’apprenant sera dans un phase de production concrète et séquences réflexives animées par un tiers qui permet de consolider les acquis de la première période.

Réseau

Derrière cette idée, on retrouve des bases de la formation qui sont toujours d’actualités, car finalement notre cerveau n’a pas tellement évolué depuis !

 

 

La courbe de l’oubli

En 1885, le philosophe et psychologue allemand Hermann Ebbinghaus expérimente les capacités de rétention d’une information et extrait une formule qui donnera ensuite la courbe de l’oubli. Cette courbe décrit le fonctionnement de notre mémoire en miroir de notre système immunitaire. Ebbinghaus conseille donc la méthode du vaccin : il faut répéter les choses très fréquemment au début, puis écarter un peu, pour finalement enregistrer l’information dans sa mémoire à long-terme et être “immunisé” contre l’oubli.

Même s’il ne s’agit là que d’une hypothèse que certains scientifiques critiquent, notamment car elle ne prend pas en compte la “force” de l’élément à retenir (on se souvient bien d’un événement marquant même s’il n’est pas répété), les professionnels de la formation le savent bien : 3 jours après la formation, 90% du contenu, s’il n’a pas été appliqué, est oublié !

Mémoire

De là, on comprend assez vite le bénéfice de l’AFEST et son alternance : on expérimente, on consolide, on met en application et on recommence ! Ebbinghaus qualifie ça de “surapprentissage”, état qui se rapproche de l’automatisation du geste recherchée par les sportifs de haut niveau.

L’andragogie

L’andragogie, du grec andros (homme) et agogos (guide), s’est vue séparée de la pédagogie (pedos: enfant) à la fin du vingtième siècle par l’américain Malcolm Knowles. Sa volonté de distinguer les deux vient des attentes différentes entre adultes et enfants (même si Knowles lui-même admettra plus tard que l’andragogie peut s’appliquer aux deux) :

  1. Le pourquoi : L’adulte doit savoir et comprendre pourquoi il apprend quelque chose. Nos cerveaux sont efficaces et ne s’encombre pas d’informations dont-ils ne voient pas l’intérêt

  2. L’expérimentation : L’apprenant doit faire les choses par lui même. Et comme le dit le dicton : “Nos erreurs sont nos meilleures maîtres”.

  3. L’orientation : Notre cerveau cherche les problèmes ! La formation doit donc être centrée sur des problèmes à résoudre, ce qui ancrera d’avantage le nouveau savoir.

  4. L’instantanéité : Pour garder la motivation tout au long de la formation, il faut chercher le bénéfice instantané. Difficile de retenir ce truc qui nous facilitera la vie dans 10 ans ; par contre, cette manipulation qui vient de résoudre mon problème, je m’en souviendrai !

Encore une fois, l’AFEST coche toute les cases. Après tout, n’est-ce pas une déclinaison de la pédagogie de l’alternance pour un public adulte ?

Alors, pensez-vous que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures formations ?

Cet article a été publié dans le numéro 75 de la revue RH&M

Ebook - L'AFEST, le graal de la formation ?

découvrir
Jean-Baptiste Richardet
icon-linkedin

Jean-Baptiste Richardet

Développeur curieux et passionné, je suis toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeux. Après avoir alterné startups et grands groupes, j'ai décidé de créer Cameo avec Jérémy pour créer le nouveau parcours de carrière que j'aurai aimé suivre !